samedi 21 mars 2015

n°158
Le calendrier des travaux agricoles du Rustican (1470)
Maître du Boccace de Genève



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Oeuvre :  Le calendrier des travaux agricoles du Rustican
Artiste : Maître du Boccace de Genève 
Année : 1470
Technique : Enluminure (miniature), huile sur parchemin, feuilles d'or
Epoque : Moyen Âge
Mouvement : Gothique
Lieu : Musée Condé (Chantilly)


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Le premier Traité sur l’agriculture et le jardin est l’œuvre de Pietro Di Crescenzi. C’est un ouvrage célèbre au XIVe siècle qui connut un très grand succès et toutes les cours européennes voulaient en posséder un exemplaire. Même si aujourd’hui, le manuscrit original de cet ouvrage a disparu, 133 manuscrits de l'oeuvre (dans diverses langues) nous sont parvenus.

En France, c’est à la demande du roi Charles V que le texte sera traduit en français en 1373 et intitulé : Rustican ou Livre des proffiz champestres et ruraulx. Il existe en 8 exemplaires aujourd’hui et celui conservé à Chantilly est certainement le plus beau. Ce dernier fut très probablement commandé par le beau-frère du roi Charles VII et enluminé par le Maître du Boccace de Genève.

Le Rustican était avant tout un beau livre d’images destiné à des personnages de haut rang, rois, grands seigneurs, ou riches notables citadins.

L’œuvre est composée de douze livres couvrant tous les sujets sur l’agriculture. L’enluminure que nous vous présentons aujourd’hui est un Calendrier de travaux agricoles qui illustre le onzième livre. Ce calendrier permet d'avoir un aperçu des travaux agricoles des paysans tout au long de l'année puisque chaque vignette représente un mois de l’année :

  • Janvier : l’extraction de l’argile sous la neige
Cette scène représente l’extraction de l’argile sur la berge d’une rivière, par un paysan. L’argile récoltée est mis en tas derrière lui. Le paysan s’en servira pour fabriquer des tuiles,  les murs de sa maison ou une étable. Les mois d’hiver sont propices à l’entretien des bâtiments.
  • Février : l’épandage de la fumure animale
Un paysan prépare ses terres en y répandant du fumier pour les rendre plus fertiles : c’est la fumure. Si les traités d’agronomie insistent sur sa nécessité, cette pratique était rare, limitée à quelques grands exploitants. En effet, le fumier provient des étables où les animaux attendent la fin de l’hiver.  Mais la litière est insuffisante car la paille coûte cher. Elle ne permettait pas de constituer des quantités importantes de fumier. Par conséquent, le fumier ne pouvait être répandu sur tous les terrains. Elle était donc utilisée dans des petits lieux clos comme les jardins, les potagers, comme le montre l’enluminure.
  • Mars : la taille de la vigne
Cette activité symbolise souvent la viticulture au Moyen Âge. En fait, ce travail se reproduit plusieurs fois dans l’année.
  • Avril : la tonte des moutons
Recherché avant tout pour sa laine, le mouton était aussi considéré comme une bête à viande et servait accessoirement pour le lait et les fromages.
Les bergers étaient généralement des hommes mûrs, comme ici. Emmitouflé dans un chaperon bleu, son bonnet sur la tête, il immobilise entre ses jambes de sa main gauche l’animal choisi parmi le troupeau, qu’il se prépare à tondre.
  • Mai : la chasse au faucon
Le thème de la chasse au faucon provient des calendriers religieux et n’a pas de rapport avec les travaux agricoles des paysans. En revanche, il ne peut que plaire aux lecteurs qui sont susceptibles de pratiquer cette chasse, considérée comme la plus noble et la plus distinguée de toutes. Le personnage est vêtu d’un pourpoint à manches fendues, vêtement élégant devenu à la mode depuis le XIIIe siècle, et il est coiffé d’une toque. Un faucon blanc se tient sur son poing gauche ganté.
  • Juin : la fenaison
Il fait chaud, le faucheur est vêtu d’une simple chemise blanche fendue sur le côté, un chapeau de paille à larges bords le protège du soleil de juin. Le paysan est en train de couper l’herbe à la faux. C’est le fauchage.
  •  Juillet : la moisson
Voici un moment essentiel de la vie paysanne : les paysans moissonnent le blé.
Ils ne prélevaient que le haut de la tige, laissant une importante quantité de paille après la récolte, et permettant la pousse d’une deuxième herbe, le regain, donnée comme nourriture aux animaux.
  • Août : le battage du blé
Pietro de’Crescenzi énumère dans son ouvrage différents procédés pour battre les céréales. Le battage s’effectue en plein air, sur une aire enclose de murs. Le paysan porte des vêtements adaptés pour être à l’aise dans ses mouvements : jambes et pieds nus, une chemise courte fendu sur le côté, la tête protégée par un chapeau de paille. Il frappe le blé avec force pour en extraire les grains.
  • Septembre : les semailles
Le paysan sème le grain pour l’année suivante. Il porte un tablier de semailles.
  • Octobre : le foulage du raisin
La viticulture est l’une des activités essentielles. La scène se passe dans une petite pièce couverte. Le raisin, avant d’être mis en jarres, devait être foulé deux fois, mais il est impossible de déterminer à laquelle des deux opérations nous assistons. Le paysan est enfoncé jusqu’aux cuisses dans la cuve contenant les raisins, tandis qu’un second vendangeur verse le produit de la récolte contenu dans un panier d’osier. La cuve à fouler, large d’environ un mètre et haute d’à peu près soixante-dix centimètres, est posée sur deux cales en bois. Elle est constituée de lattes de bois cerclées d’osier par où le jus de raisin dégouline.
  • Novembre : la glandée
Le mois de novembre est symbolisé par quatre porcs, en bordure de la forêt, qui se nourrissent des glands que fait tomber du chêne, à l’aide de sa perche, le paysan qui les surveille. La glandée consiste à laisser les porcs, animaux peu exigeants, se nourrir de glands, de racines et d’herbes dans les bois.
  • Décembre : l’égorgement du cochon
Un homme tranche la gorge de l’animal avec un couteau tandis qu’à ses côtés une femme, protégée par un tablier, est prête à recueillir le sang dans une bassine. Le porc constituait une part importante de l’alimentation médiévale. Il servait de base à la nourriture dans toute l’Europe. Chaque région avait ses modes de cuisson, de préparation, et de conservation. On pouvait saler le porc et on le conservait en grande partie dans des saloirs ; ou bien on en faisait du confit en cuisant les morceaux dans la graisse. Le jambon était tantôt fumé dans la cheminée, tantôt séché à l’air. Il était conservé pendu aux poutres du plafond ou sous la cendre.



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